Certains sont des inconditionnels de la glisse et de ses sensations grisantes, d’autres défendent farouchement la croisière avec son parfum d’aventure. A support différent, activité différente, certes. Mais quid de l’apprentissage ?

Le vent est le même, que l’on file sur une planche ou un quillard, et pourtant, malgré des points communs, on y apprend des notions complémentaires. En effet, chaque type de support permet d’enrichir les connaissances du stagiaire dans différents domaines. Aussi est-il fortement conseillé d’apprendre à naviguer sur tous types d’embarcations, la formation ne portant pas toujours sur les mêmes thèmes. Si l’on commence souvent par la voile légère en enchaînant sur la croisière, ce n’est pas une obligation et rien n’empêche de franchir le pas dans l’autre sens. La complémentarité est bien présente dans les deux cas. Pour un apprentissage riche, diversifiez les supports !




 

La planche à voile

La planche à voile semble le support le plus simple. Sa pratique nécessite cependant de travailler tout d’abord des habiletés motrices. Yann Lenotte, responsable technique aux Glénans, explique : « rester debout n’est pas facile, surtout au début, car le véliplanchiste doit toujours être en équilibre. Plus qu’ailleurs, il fait corps avec le support, transmettant directement la force du vent dans le flotteur. Il est donc indispensable de comprendre la force vélique, afin d’avancer et de se diriger, uniquement par l’orientation de la voile et des appuis sur le flotteur ; ici, pas de gouvernail, pas d’intermédiaire pour se propulser, pour changer de cap… et en cas d’erreur, la sanction est immédiate : le bain ! ». En pratiquant la planche à voile, le stagiaire s’habitue peu à peu à la glisse, au planning, à la vitesse, toutes sensations qu’il retrouvera sur les autres supports de voile légère. L’équilibre acquis ainsi lui confère une aisance appréciable par la suite sur d’autres supports.

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Le dériveur

Le dériveur en solo, lui, permet de développer la sensibilité dans la conduite du bateau. Le stagiaire apprend à barrer et à coordonner la barre et l’écoute. Il découvre aussi la gite et cherche donc à naviguer le plus à plat possible. Comme en planche, en dériveur la recherche de l’équilibre est permanente sous peine de dessalage. On travaille donc le rappel, on étudie les déplacements à bord.

Le dériveur en double, premier pas dans la navigation en équipage, nécessite une bonne coordination entre le barreur et l’équipier. Mais le dériveur en double a plusieurs cordages à son arc : le stagiaire apprend à naviguer avec un foc, puis il découvre le spi, plus technique. Comme en solo, le toucher de barre se travaille peu à peu. Le réglage des voiles s’affine, toujours sans winch. Ce type de bateau, vif et rapide, permet de travailler la rapidité d’exécution des manœuvres, la chronologie des gestes, la coordination et la communication d’équipage.

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Le catamaran

Le passage sur cette petite fusée à deux coques qu’est le catamaran est source de nouvelles découvertes : la recherche de vitesse s’accroît, les déplacements se travaillent aussi, étant un peu différents. Yann ajoute : « globalement, le travail est le même qu’en dériveur, mais la vitesse augmente. Il importe donc d’être encore plus réactif sur les déplacements, les positionnements, les réglages, le toucher de barre. Virer de bord est un peu plus technique, il faut souvent mettre le foc à contre, et le manque à virer vient vite ! ».

En voile légère, le périmètre de navigation se gère à terre, avant de partir ; de même que la météo. Difficile, voire impossible, d’emporter en mer une carte marine. Il est donc indispensable de bien repérer la zone de navigation et ses dangers potentiels, et d’étudier la marée avec ce qu’elle peut engendrer : courants, hauteur d’eau variable… Le fait de « passer » presque partout grâce au faible tirant d’eau des supports de voile légère ne dispense nullement d’étudier sérieusement le terrain de jeux ! La notion de sécurité est déjà bien présente, et la proximité de la côte n’autorise personne à traiter cet aspect à la légère.

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La croisière

Embarquer sur un bateau de croisière permet de franchir un pas supplémentaire. Ici, pas de risque de dessalage avec ce support à déplacement lourd ! Les réactions du bateau sont moins immédiates. La barre est parfois une roue et non plus une barre franche. La poussée du vent sur les voiles devient très importante, les winches et les palans permettent de démultiplier les forces en jeu. La croisière nécessite un petit temps d’adaptation. C’est tout le quotidien du navigateur qui est transformé : il découvre la vie collective sur un espace réduit, la coordination de l’équipage et la chronologie des manœuvres sont encore plus marquées. De nouveaux postes se créent : il ne s’agit pas seulement de tenir les écoutes et la barre, mais aussi de gérer la vie à bord (avitaillement judicieusement choisi, préparation des repas – parfois dans le gros temps – entretien du bateau…), l’étape complète, la fatigue, le mal de mer éventuel… La météo prend ici toute son importance, elle est étudiée avant le départ mais consultée régulièrement en mer. Le stagiaire apprend à s’orienter loin des côtes, à effectuer les manœuvres de port, découvre l’art de l’amarrage et du mouillage - différents d’une région à l’autre (marée et météo obligent). Le respect des autres prend une dimension plus marquée : à bord d’un bateau de croisière, peu d’endroits pour s’isoler. Il faut en permanence composer avec les autres, nuit et jour. La richesse de l’apprentissage en est accrue. La durée de navigation augmente. En croisière, la nuit se passe au port ou dans une crique, mais aussi au large, d’où nécessité de prendre son quart à tour de rôle. La croisière, c’est une vie à part, en nomade, avec ses exigences et ses joies, et c’est aussi un condensé de tout ce que l’on peut apprendre en terme de navigation.
 

Débuter par la voile légère aide à naviguer sur un bateau de croisière, en témoignent de nombreux navigateurs célèbres et fins barreurs, mais n’est nullement indispensable. Si l’on effectue ses premiers milles sur un bateau de croisière, l’apprentissage se complétera ensuite avec profit sur des supports de voile légère, afin d’apprendre notamment à barrer avec finesse. Quel que soit l’ordre choisi, le bagage nautique s’enrichit, chaque support apporte une pierre à l’édifice des compétences nautiques. Voile légère et croisière constituent bien un parfait complément, sans aucune notion de hiérarchie. On ne peut qu’inciter les stagiaires à apprendre sur tous types d’embarcation. Et puis, progresser en variant les plaisirs, quoi de mieux ?

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